Pleurer

Acte 1

Pleurer de tout..jamais de rien

Et puis tu es là.
Ta gorge se serre de plus en plus..

Tu luttes pour tenir le coup,
pour ne pas avoir ce goût salé aux coins des lèvres, pour ne pas avoir le nez qui coule.
Tout sauf cette buée derrière tes lunettes, mais…

L’émotion a été plus forte. Elle gagne souvent d’ailleurs. Elle t’a submergée…

Ce jour là, tu as tout donné ou pas. L’énième jour où tu as fait mille et une choses, ou juste rien.
Tu as plus ou moins gardé le cap ou frôler la noyade.

Pour autant, elles sont arrivées.
Les larmes.
Elles attendaient déjà sur le seuil de tes paupières depuis longtemps, prêtes à jaillir de leur petit sac lacrymal devenu trop étroit.. et dans un dernier cycle de respiration, tout juste à l’expiration, elles se sont évadées à toute vitesse. Pas de limitation, 4ème file de gauche, à fond la caisse.
Elles roulent vite sur tes joues.
Il fait nuit, c’est souvent le soir d’ailleurs, quand le Soleil laisse place à la Dame argentée..
J’ai pas fait les comptes mais on dirait que oui.

Ce soir là, tu as pleuré de fatigue. Tu n’as plus la force de rien.

Pas même de les essuyer. Alors tu les laisses aller.

Roulez mes grandes. Tout va bien s’passer.

Acte 2

« J’écoute ce morceau ce soir, juste avant de dormir et puis, je craque.

Je lâche tout. Je pleure. Je ne comprends pas pourquoi cette chanson me touche autant.

C’est terrible.
Ca me prend aux tripes.
Je trouve les paroles profondes et pleine d’humanité.

Je ne comprends rien à ce qui m’arrive. Je suis submergé et je n’ai rien pour que ça s’arrête.

Je t’envoie donc un message parce que toi seule me comprendra.

Peut-être trouveras-tu les mots pour me consoler.
Juste me lire me suffira à vrai dire.
Et puis t’en faire part me soulage déjà un peu.

Je m’endors. Je verrai ta réponse demain. »

« Dis moi quand tu es là. Allez soit là. Pas même latitude. Fichu décalage horaire.

Je lis ton message et j’ai la petite boule qui grossit dans la gorge .
Je ne sais pas pourquoi. Enfin si je sais.

On serait au même endroit qu’on pleurerait à deux en écoutant cette chanson.
Par solidarité ? Par partage de la même émotion ? Pour se sentir moins cons ensemble ?
Par…
Quoiqu’il en soit je comprends tes larmes de sel. Je les sais. Je les ai déjà pleurées.

Ce sont celles qu’on pleure quand on fait le mini bilan de son tiers de siècle bien entamé.

Quand on réalise le chemin parcouru.
Quand on regarde là où on était, la où on est et là où on veut (aurait voulu) être.
On est impuissant sur le moment. On est juste planté là. Béat.

Etonné. Souriant

Sombre parfois.
« Now the old king is dead ». (Coldplay)

Et puis, en y regardant bien, on est juste profondément réalistes.

Alors on va continuer d’avancer sur notre petite route. On va continuer de faire ce qu’on peut.

D’erreurs en réussites. De pleurs en joies. De jours en années.

Par amour. »

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